26 novembre 2011, 21:18

Voix de la Russie poursuit son cycle d’émissions consacrées aux cités russes anciennes centres du tourisme international. Aujourd’hui nous vous ferons visiter la ville de Kostroma.

Elle est située au confluent du large fleuve Volga et de l'obscure rivière Kostroma. C’est ici, au Monastère Ipatiev, qu’a commencé au 17e siècle l’histoire de la dynastie des Romanov.

«Kostroma a été fondée au XIIe siècle par le grand prince Iouri Dolgorouki. Cela paraît étrange, mais la fondation de la ville est associée avec le nom du prince tatare Tchet qui s'est mis au service des gouvernants russes pendant les temps de l’invasion tataro-mongole. Arrivé à Kostroma, il tombe gravement malade et fait le vœu d’ériger un temple en l’honneur de Saint-Ipace s’il est guéri par l’opération du Saint homme qu’il avait vu en songe. Son vœu s’est réalisé et le riche tatare procède à la construction du grandiose Monastère Ipatiev. Le prince tatare se convertit au christianisme et prend le nom de Zacharie. Il a associé son nom à une église dans l’enceinte du monastère», raconte Svetlana Vinogradova, conservatrice du musée d’histoire d’architecture de la Diocèse de Kostroma de l’Église orthodoxe russe.

L’église de la Nativité de la Vierge sera reconstruite dans l’enceinte du monastère à l’occasion du 400e anniversaire de la dynastie des Romanov. La première construction en bois date de l’époque de Tchet, au moment où il a été baptisé Zacharie. L'église a été par la suite reconstruite en pierre dans son emplacement historique, à côté de la cathédrale de la Trinité.

Le prince mongol est d’ailleurs à l’origine de la noble famille des Godounov qui avaient usurpé le trône russe avant les Romanov. Les Godounov vénéraient le monastère et lui sacrifiaient de très grandes richesses. Leur crypte familiale se trouve également dans l’enceinte du monastère.

Les liens du monastère avec les Romanov, adversaires des Godounov, sont encore plus solides. Les Romanov appartiennent à la lignée des rurukides qui avaient gouverné en Russie pendant plus de 700 ans et considéraient Godounov, monté pour une période brève sur le trône de Russie comme un imposteur et un parvenu. Fedor Romanov, le père du futur tsar de Russie a été exilé en Sibérie pour avoir comploté contre les Godounov, alors que sa femme et ses enfants ont été enfermés au monastère Ipatiev. C’est ici que les boyards harassés par les intrigues des Godounov et l’invasion polonaise, sont venus en 1613 pour implorer Michel Romanov alors âgé de 16 ans de monter sur le trône de Russie. Le jeune Michel a donné son accord. Il a fait venir son père de l’exil sibérien, l’a élevé à la dignité de patriarche et a commencé à régner sur la Russie en mettant ainsi fin au temps des troubles.

Le monastère Ipatiev, entièrement en pierre blanche, est l’un des plus riches en Russie. Les visiteurs peuvent toujours y admirer le Palais des boyards Romanov qui abrite aujourd’hui l’exposition «Monastère Ipatiev – berceau de la Maison des Romanov».

«L’exposition évoque les liens qui existent entre les Romanov et la région de Kostroma avant la montée sur le trône de Michel Romanov», raconte Svetlana Vinogradova. «On peut y voir des objets authentiques du 17e siècle qui sont un rappel de l’ambassade des boyards venus inviter Michel à occuper le trône de Russie. Nous avons, par exemple, le bourdon de Michel Romanov conservé au Palais des Armures et envoyé en 1834 au monastère par l’empereur Nicolas Premier. Il existe aussi deux objets reçus comme dons de la mère et du père du tsar. Le mère du futur souverain a joint à une copie de l’icône de la Vierge un reliquaire en bois de cyprès sculpté et le père a offert au monastère une croix, également en bois de cyprès».

La cathédrale de la Trinité avec sa magnifique iconostase en bois de tilleul se trouve au cœur du monastère. Elle est flanquée par un haut campanile dont la plus grande cloche a été offerte par le prince Miche de Kent, descendant en ligne directe des Romanov, - poursuit Svetlana Vinogradova.

Le prince Michael de Kent, descendant de Nicolas Premier et de Nicolas II, a fait un séjour à Kostroma en 2006. Il a visité le monastère et lui a offert la cloche «Tsar Michel», qui pèse 9000 tonnes. Elle est longtemps restée au pied du campanile comme une curiosité, mais a ensuite été montée au sommet du clocher et depuis un certain temps sonne tous les jours les matines et l’angélus.

Après la visite du Monastère Ipatiev, nous vous recommandons d’aller voir la place centrale de la ville avec ses galeries marchandes et son église du Sauveur. Au 18-19e siècles la place était réputée pour son commerce de pains d’épices, de poissons et de viande qui attiraient les marchands des quatre coins de la Russie. A gauche de la place se trouve la Bourse aux fromages qui propose toute une gamme des fameux fromages de Kostroma et une grande variété de produits laitiers.

Le joyau principal de la ville de Kostroma, avec ses chefs-d’œuvre d’architecture et ses lieux saints orthodoxes, c'est le fleuve Volga. Les touristes sont surtout fascinés par les étals qui proposent des nappes, serviettes, robes et vestons en lin, qui ont rendu la ville célèbre. Si vous aimez la cuisine russe, revenez vers le Monastère Ipatiev pour la savourer dans le restaurant «La cité de Kostroma», spécialisée dans la cuisine russe traditionnelle. Le repas pour deux vous reviendra en moyenne à 50 dollars. La ville abrite également un grand nombre d’hôtels, mais le plus beau se trouve à une cinquantaine de km de la ville. Il s'agit de l’hôtel écologique «La forêt des Romanov», situé dans un bosquet, où l'on peut contempler des arbres anciens.

Diaporama: Anneau d'or de Russie : Kostroma

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