23 mai 2012, 03:35

Un nouveau navire de débarquement pour la marine russe

Un nouveau navire de débarquement pour la marine russe

Le nouveau grand bâtiment de débarquement Ivan Gren est sorti du chantier de l’usine « Iantar ». Il a été nommé d’après le célèbre amiral soviétique, éminent chercheur dans le domaine de l’armement, et est devenu le principal navire du projet 11711.

Les navires du projet 11711, tout comme les porte-hélicoptères du type Mistral de construction française et russe devraient constituer la base des forces navales russes dans les décennies à venir.
Le changement des générations de navires de débarquement

Actuellement, les forces aéroportées de la flotte russe comptent en tout 18 navires de débarquement. La base de la flotte est constituée par 15 navires du projet 775 et de fabrication polonaise, ainsi que trois navires du projet 1171 « Tapir », construit en Union Soviétique dans les années 1960.

Malgré le fait que le projet des nouveaux navires de débarquement possède le même numéro que son prédécesseur - 11711, il n’a plus grand-chose en commun avec les « Tapir ». Le même numéro a été donné pour des raisons de confidentialité, selon certaines sources.

Le nouveau navire se distingue de ses prédécesseurs par une moindre visibilité radio, ainsi que des formes modifiées de sa construction. La construction de la caméra à l’intérieur du navire, ainsi que la rampe d'étrave a été modifiée, ce qui devrait faciliter le débarquement et augmenter sa sûreté. Par ailleurs, le débarquement peut également se faire grâce aux vedettes directement sur la côte.

Ivan Gren a été construit pendant une assez longue période - entre 2004 et 2012. Son entrée dans la flotte est attendue seulement en 2013. Un tel retard dans la construction est lié à l'incertitude du rôle des forces de débarquement dans la structure de la flotte, et très peu d’informations sur ce projet. La deuxième raison reste d’actualité aujourd'hui: avant de donner l’ordre de fabrication d’une grande série, la Marine envisage de tester ce navire, et déterminer la composition de l'équipement et des armes sur les bateaux de débarquement en vue.  Aujourd'hui, un deuxième navire du projet 11711 se trouve en phase initiale de construction. Les travaux sur ce navire ont commencé en 2010, mais risquent de ne pas avancer d’ici à 2013-2014 avant que les conclusions sur les tests du principal bateau seront faites. Dans le même temps, il faut attendre et commander une série de navires, qui ont été améliorés selon les résultats des tests.

 

Au total, tenant compte de la commande de quatre navires-amphibies d'assaut (UDC) du type Mistral, chacun d’entre eux peut remplacer deux navires de débarquement par sa capacité. Mais la flotte a besoin d’environ 9-10 navires du projet 11711. Le programme d'Etat de 2011-2020 prévoit la construction de six navires de cette catégorie, et les autres seront construits après 2020.

Cependant, le sort de l'Ivan Gren n'est pas complètement déterminé. Il est possible que le bateau principal du nouveau projet soit utilisé comme moyen de transport militaire « avec le potentiel pour l'atterrissage». Cela veut avant tout dire que tout dépend du type d'équipement installé à bord du nouveau navire.

Qui devrait avoir peur ?

Le contrat pour la construction de deux navires d’assaut amphibie de type Mistral en France et deux sous licence en Russie a provoqué une violente réaction auprès des pays occidentaux et dans certaines ex-républiques soviétiques, en particulier en Géorgie et les pays Baltes. On y discute sérieusement des possibilités d’utilisation des nouveaux navires dans la mer Baltique et la mer Noire. Ce genre de craintes publiquement exprimées peut être associé à la catégorie des actions démonstratives, car il est évident que les bâtiments qui pèsent 21 000 tonnes et ont un rayon d’action de 20 000 miles marins ne sont pas destinés à des mers fermées, comme la mer Noire ou la mer Baltique. La modernisation des forces militaires dans ces zones se fera grâce aux navires de débarquement de portée moyenne et de capacité de navigation moyenne.

Ces navires sont capables de faire débarquer une compagnie renforcée d'infanterie de marine (ou bataillon d'infanterie légère sans armes), et soutenir les troupes avec les systèmes d'artillerie et de lance-roquettes multiples optimales pour une utilisation dans des conflits tels que la guerre en Ossétie du Sud en 2008. Il convient de noter que les navires de débarquement du nouveau projet 11711, possèdent une distance de navigation moins importante que leurs prédécesseurs, ce qui suggère leur utilisation avant tout dans la zone côtière.

Des ajouts nécessaires

Pour soutenir intégralement les forces d'assaut de la flotte russe, les navires en soi ne suffisent pas. L’infanterie de la flotte de Russie a besoin de nouveaux véhicules blindés, notamment des vedettes, classiques ou à coussin d’air, qui peuvent être utilisés à bord des navires de débarquement, ou indépendamment.

Se pose également la question de modernisation du parc d’hélicoptères. Ce problème devrait être résolu notamment grâce à l’acquisition des Ka-29 (pour le transport militaire) et les derniers Ka-52K (hélicoptères de combat pour bateau).

En attendant, il reste à voir quels sont les résultats des tests subis par Ivan Gren. Dans les deux prochaines années, la structure des forces de débarquement de la marine russe sera déjà plus claire.

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