Nous nous attendons à ce que l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et Roskosmos signent un accord définitif concernant ce projet.
Devenu euro-russe depuis février dernier, lorsque les Etats-Unis s’en sont retirés pour des raisons financières, le projet ExoMars s’articule toujours autour de deux missions. Un premier lanceur russe Proton propulsera vers la planète rouge en 2016 un module démonstrateur européen à poser en douceur sur la surface de Mars, ainsi qu’un satellite-relai à mettre sur orbite martienne.
Le module démonstrateur a une vocation purement technologique, car sur Mars ne s’étaient posés que des appareils russes et américains, dit Alexandre Zakharov de l’Institut des études de l’Espace.
« Les spécialistes russes du groupe recherche-développement Lavotchkine aideront les collègues européens à effectuer des calculs concernant le module démonstrateur, conçu en Europe. Sa mission est purement technologique, et il ne portera pas d’appareils scientifiques ».
Le module démonstrateur sera muni de seuls capteurs technologiques pour évaluer ses performances pendant la descente, et jusqu’à atterrissage. Alors que l’antenne relai aura à son bord plusieurs appareils russes, poursuit M. Zakharov.
« Il s’agit de trois spectromètres fonctionnant au diapason infrarouge pour étudier l’atmosphère de Mars et la répartition de l’eau à un mètre sous sa surface ».
Le satellite-relai mesurera aussi la radiation sur orbite martienne, ce qui sera utile pour les futures missions vers cette planète. Les spécialistes sont curieux d’apprendre la provenance du gaz méthane dans l’atmosphère de Mars, qui pourrait avoir une origine biologique. M. Zakharov poursuit :
« Lors de la mission de 2018 une plateforme, créée par les spécialistes du groupe de recherche-développement Lavotchkine, déposera sur la surface un véhicule européen, équipé d’appareils russes pour étudier le sol et la sub-surface de Mars, prendre des échantillons. La plateforme devra fonctionner pendant au moins un an et on sera obligé d’assurer son alimentation grâce à une pile atomique ».
Une partie d’appareils russes qui serviront lors du projet ExoMars avaient été conçus pour la sonde Phobos-Grunt, qui a échoué dans sa prise de trajectoire vers le satellite de Mars. Après cet échec la Russie pourra donc poursuivre sa direction d’études de la planète rouge./L
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