16 novembre 2012, 20:29

Vers le retour en Russie du vin géorgien

Vers le retour en Russie du vin géorgien

Le vin géorgien pourrait revenir sur le marché russe. Huit producteurs géorgiens peuvent être autorisés à vendre leur production en Russie, a annoncé le chef des services sanitaires russes Guennadi Onichtchenko. Le marché russe est extrêmement important pour la Géorgie, mais les vignerons ont peu de chances de retrouver leurs positions, estiment les experts.

Le Service fédéral de protection des droits des consommateurs (Rospotrebnadzor) a interdit aux agriculteurs géorgiens d’exporter leur production vers la Russie en novembre 2006. Le vin, l’eau minérale et les fruits géorgiens n’étaient plus vendus en Russie. Selon Tbilissi, c’était une riposte au manque de loyauté politique de la Géorgie envers le Kremlin. Selon Moscou, la politique n’avait rien à voir dans cette histoire. La faute aurait incombé à la partie géorgienne qui refusait de laisser les inspecteurs visiter les entreprises du secteur agroalimentaire, se souvient le co-président de l’Union des consommateurs de Russie, Vladimir Slepak.

« L’interdiction avait pour seul motif la faible qualité des produits. La partie russe a posé la condition suivante : laisser les experts du Rospotrebnadzor inspecter les entreprises géorgiennes sur le territoire de la Géorgie. Aujourd’hui, après l’adhésion de nos pays à l’OMC, seule une analyse objective de la qualité des produits permettra de décider du retour des produits géorgiens dans les supermarchés russes ».

Certains experts supposent cependant qu’il s’agit moins de l’adhésion de la Russie à l’OMC que des résultats des élections géorgiennes. Le parti Rêve géorgien s’est avéré beaucoup plus souple que le président Mikhaïl Saakachvili. Selon Vadim Drobiz, directeur du Centre fédéral et régional d’étude des marchés de l’alcool  (TsIFRA), l’opposition géorgienne a eu suffisamment de temps pour concerter sa position avec celle du Rospotrebnadzor.

« Il y a un an et demi M. Onichtchenko a commencé à négocier avec l’opposition géorgienne. Il était envisagé de reprendre les livraisons dès la fin 2011, mais la relance n'a pas eu lieu. Le principal obstacle, c’était Saakachvili, le président du pays. Dans moins de douze mois il va quitter ce poste. Cela ne veut pas dire que le nouveau gouvernement géorgien traitera différemment les problèmes russo-géorgiens. Mais les problèmes territoriaux, c’est une chose, les problèmes du business, c’en est une autre ».

La Géorgie a mal vécu l’interdiction d’exporter vers le marché russe. Les exportations de vin ont diminué de six fois. Les tentatives pour exporter le vin et les fruits vers l’Europe se sont soldées par un échec. L’Ukraine, le Kazakhstan et la Biélorussie étaient de loin les seuls consommateurs de produits d’origine géorgienne.

La Géorgie ne doit pourtant pas s’attendre à un retour glorieux en Russie. Le rayon « vins » des supermarchés russes est déjà bien rempli par les vins français, italiens, chiliens et espagnols. Vadim Drobiz livre son opinion :

« En 2005 la Géorgie a livré 60 millions de bouteilles en Russie. Si d’ici à deux ou trois ans elle arrive à livrer 10 millions de bouteilles par an, ce sera formidable. On peut citer l’exemple du retour sur le marché russe des produits moldaves interdits en mars 2006 et autorisés de nouveau en décembre 2007. Les importations de produits moldaves sont aujourd’hui moins importantes qu’avant pour une  raison simple : le vin moldave est revenu mais il figure maintenant dans une autre catégorie de prix ».

Aujourd’hui le vin moldave se trouve dans la même catégorie que le vin français ou italien. Selon Vadim Drobiz, le vin géorgien subira le même sort. Mais il existe également le problème de la grande distribution fait payer l’utilisation de ses rayons et est très exigeante en ce qui concerne la diversité de la gamme. La grande distribution pourra refuser les contrats avec les producteurs géorgiens pour une autre raison, celle des risques politiques élevés. On l'a vu avec les produits moldaves.  Seules les petites sociétés prennent de gros risques. Mais qui dit petites entreprises dit petites ventes. T

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