12 mai 2013, 17:42

Les nazis après le 8 mai 1945… histoire de secrets

Officiellement après la signature de la capitulation sans condition les 7, 8 et 9 mai 1945, l’Allemagne nazie vaincue n’était plus qu’un mauvais souvenir. Hitler avait mis fin à ses jours le 30 avril 1945 préférant la mort à un tribunal qui sera celui de Nuremberg. Lorsqu’il se termine par l’exécution de la plupart des dirigeants nazis, de nombreuses questions restaient en suspens et d’autres allaient apparaître, notamment à propos des fameux secrets des nazis.

Cette guerre d’ailleurs ne s’est pas terminée véritablement le 9 mai 1945. Dans les poches de l’Atlantique, les dernières forces allemandes ne capitulèrent que les 10 et 11 mai, à l’exemple de Lorient et de Saint-Nazaire. Cinq poches ainsi que Dunkerque avaient été défendues par les Allemands avec acharnement, la plupart étant des bases de sous-marins vitales pour la suite de la guerre tout en immobilisant d’importants effectifs et moyens franco-américains. Alors que tout était fini et que les derniers Allemands déposaient les armes, une grande chasse commençait. Elle fit l’objet d’une âpre concurrence entre les alliés pour s’emparer des chercheurs nazis, notamment ceux qui avaient mis au point les fameux V1 et V2.

Cette chasse aux scientifiques et aux secrets des nazis fut orchestrée essentiellement par les USA et l’Union Soviétique. Leurs premiers succès dans la conquête spatiale sont dus pour une large part aux savoirs transférés par les scientifiques allemands. Les services secrets, y compris français s’attachèrent avec plus ou moins de succès à mettre la main sur un maximum de secrets nazis. L’enjeu était de taille et pouvait décider de l’avenir. C’est ainsi que d’un obscur centre de recherche dans le centre de la France est née la première fusée française qui a été l’ancêtre de la fusée Ariane. Les alliées se ruèrent sur les chercheurs allemands et s’emparèrent quand ils le purent de documents et de matériels. Dans certains domaines les allemands notamment au niveau des sous-marins ou des avions avaient technologiquement des décennies d’avance.

La fameuse aile-volante fut l’un de ses projets qui a donné naissance au bombardier B-2 américain, bien que ces derniers se défendent d’avoir bénéficié des recherches nazies en la matière. Ce cas emblématique ne fut qu’un des nombreux exemples de technologies allemandes qui furent avidement recherchées par les alliés. Le domaine des sous-marins ne fut pas en reste, les Allemands étaient dans ce dernier très en avance manquant par ailleurs de gagner la guerre grâce aux fameux loups de l’amiral Dönitz. A la fin du conflit, l’Allemagne était capable de produire des sous-marins révolutionnaires, les U-boats de type XXI et XXIII qui servirent de modèle aux puissants sous-marins américains et soviétiques d’après-guerre.

Deux U-boats ont marqué l’histoire à travers l’épopée de l’U-530 et de l’U-977 qui refusèrent de se rendre en dépit des ordres donnés par Dönitz. Les deux sous-marins furent poursuivis par toute la flotte alliée mais traversèrent à leur barbe l’Atlantique pour rejoindre l’Argentine. L’U-530 atteignit Mar del Plata le 30 juillet 1945 et l’U-977 seulement le 17 août... Ils firent couler beaucoup d’encre sur l’éventuel transport par ces unités de secrets inavouables, des dirigeants nazis et même Adolf Hitler en personne ! L’histoire fut plus simple, les deux commandants décidèrent seulement d’échapper à la captivité et au déshonneur de la reddition mais furent de fait emprisonnés et livrés aux Américains à leur arrivée qui ne découvrirent absolument rien dans les entrailles des deux sous-marins mais la légende persiste toujours à l’heure actuelle.

Le cas de Martin Bormann, le numéro 2 du parti nazi désigné par Hitler en personne comme son successeur reste l’une des plus grandes énigmes. Enfermé à Berlin, il tenta avec quelques compagnons une sortie pour s’enfuir de la ville encerclée par les Soviétiques mais fut tué officiellement dans la nuit du 2 mai 1945. Déclaré en fuite, il fut condamné à mort par contumace au procès de Nuremberg. C’est en 1972 que furent découverts à Berlin deux corps dont l’un fut attribué à Martin Bormann, fait confirmé par un test ADN en 1998. Il fit l’objet d’un des plus importants dossiers du fameux chasseur de nazis, Simon Wiesenthal. Des témoins affirmèrent en effet que l’homme était vivant dans les années 50 et 60 au Paraguay et de nombreuses thèses troublantes entourent toujours sa destinée.

Malgré la difficulté des sources et de l’enquête, une estimation basse indique la fuite en Amérique du Sud d’environ 60 000 Allemands dont les deux tiers dans des pays tels que l’Argentine, le Paraguay la Bolivie ou le Chili. Parmi, eux se cachaient environ un demi-millier de criminels de guerre et d’authentiques nazis, les autres ne seraient que de simples migrants. Certains purent s’enfuir aux Etats-Unis, tandis que d’autres préférèrent la Syrie, l’Irak ou l’Egypte avec l’aide du réseau ODESSA, réseau d’exfiltration des nazis vers des pays d’accueil. Si ce réseau joua un rôle important, il est à noter que les USA et d’autres pays alliés permirent l’évasion de nombreux criminels en échange de secrets, de données ou de services comme ce fut le cas de Klaus Barbie qui longtemps échappa aux recherches des Français alors qu’il était un agent de la… CIA. Au niveau des Etats, la Syrie et l’Egypte, mais aussi l’Argentine de Peron aidèrent puissamment à cette migration si particulière en passant par des pays neutres notamment la Suède ou la Suisse qui a bien des égards joua le rôle de plaque tournante…

L’implication de ce pays nous amène à parler de l’or des nazis, ou du trésor des nazis qui a fait fantasmer des générations de romanciers. Plus prosaïquement il semblerait bien que le trésor caché des nazis fut écoulé en partie via les mêmes routes de fuites des SS : la Suisse, mais aussi l’Espagne de Franco, le Portugal, le Vatican ou encore la Suède et la Turquie. Ce trésor fut constitué par les nazis surtout grâce à l’extermination des Juifs mais aussi grâce au pillage de l’Europe. Les timides enquêtes menées sur son contenu font état de milliards de dollars en or ou en devises qui transitèrent pour l’essentiel par les banques suisses. La cartographie des destinations reste incomplète et fut d’ailleurs entourée par le secret d’Etat. A ce jour personne ne peut véritablement faire la lumière complète sur le devenir de ce fabuleux trésor.

En 1998, la Suisse fut contrainte sous la pression des USA de verser des indemnités d’un montant de 1,25 milliard de dollars, à la fois aux Juifs victimes de l’holocauste et refoulés aux frontières ou persécutés sur place. La Suisse paya aussi des indemnisations aux pays dont les trésors en or furent pillés par les nazis et qui firent indirectement la fortune de ses banques, notamment ceux de la Belgique, des Pays-Bas, de l’Autriche ou de la Tchécoslovaquie. A l’heure actuelle si les secrets des nazis se sont effondrés, à l’exemple du trésor du lac Toplitz en Autriche, quelques découvertes d’archives pourraient bien toutefois nous révéler prochainement un de ces secrets si convoités. T

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